A la recherche des douaniers

En 1791-1792, l'installation de la nouvelle régie, dont les agents issus de la Ferme Générale ne jouissent pas d'une grande popularité, s'effectue dans des conditions délicates. En outre, les difficultés intérieures et extérieures conduisent rapidement à l'abandon du libéralisme mis en avant par les Constituants.
À partir de 1793, des mesures individuelles frappent les employés (c'est l'époque des certificats de civisme), puis les structures hiérarchiques sont démantelées (la France n'est plus divisée en une vingtaine de directions des Douanes mais en quarante inspections commerciales).
Dès 1795, un retour à la normale s'amorce, malheureusement compliqué par la translation des lignes de douanes suite aux conquêtes révolutionnaires (Belgique, Savoie, Nice, Rive gauche du Rhin).
En 1801, Bonaparte substitue au collège des régisseurs un directeur général (Jean-Baptiste Collin), assisté d'un conseil d'administration. Bientôt, l'expansionnisme français crée un immense Empire de 130 départements aux limites duquel veillent alors 35 000 douaniers organisés militairement. Avec le rétablissement de l'impôt sur le sel (avril 1806), l'instauration du Blocus Continental (novembre 1806) et la mise en place de tribunaux d'exception (tribunaux ordinaires des Douanes et cours prévôtales), la Douane est alors toute puissante.
Malgré le repli, amorcé dès 1814, sur les frontières de l'ancienne France, l'installation durable, à partir de 1815, du protectionnisme conserve à l'administration douanière une place de premier plan dans l'appareil d'État.
Prix : 10,00 €